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CAP IMMO
Commercialisation et VEFA

Désistement d'un contrat de réservation VEFA : récupérer le lot et le revendre

Un réservataire renonce. Le dépôt de garantie n'est qu'une partie de la question : pour le promoteur, l'enjeu est de récupérer le lot proprement, de le remettre en vente vite et au bon prix, et de mesurer ce que la vente tombée fait à la pré-commercialisation exigée par la banque. Voici comment qualifier le désistement, quels délais respecter et comment gérer le lot libéré.

Par Sacha Clermont · mis à jour le 3 octobre 2026 · 9 min de lecture

En bref

Un désistement se qualifie d'abord : rétractation dans les dix jours (CCH, article L271-1), cas de restitution de l'article R261-31, ou renoncement hors de ces cas, le plus souvent par refus de signer l'acte. Le motif fixe le sort du dépôt, mais aussi le moment où le lot redevient disponible. Ensuite, le lot se remet en vente sans délai, avec un historique conservé, un prix revu si besoin et un contrat neuf dont le plafond de dépôt dépend de la nouvelle date d'acte. Chaque vente tombée se recalcule dans le taux de pré-commercialisation.

Le sort du dépôt de garantie, ses plafonds et sa restitution sont détaillés dans le guide du dépôt de garantie en VEFA. Cet article se concentre sur l'autre moitié du sujet : le lot qui se libère.

Les trois formes de désistement

Le mot « désistement » recouvre des situations juridiques différentes. Elles ne libèrent pas le lot au même moment.

SituationFondementSort du dépôtQuand le lot est-il libre ?
Rétractation dans les dix joursCCH, article L271-1Restitué sans retenueÀ réception de la rétractation, faite dans le délai
Cas de restitution : prêt refusé, prix dépassé de plus de 5 %, équipement supprimé, réduction de valeur de plus de 10 %, vente non conclue du fait du vendeurCCH, article R261-31Restitué sans retenue ni pénalité, dans les trois mois de la demandeDès que le motif est établi et la renonciation actée
Renoncement hors de ces cas, refus de signer l'acteContrat de réservationSelon le contrat, souvent acquis au réservantAprès constat de la défaillance, dans les formes prévues au contrat

La rétractation

L'acquéreur non professionnel peut se rétracter pendant dix jours à compter du lendemain de la première présentation de la lettre qui lui notifie le contrat. Il n'a pas à motiver. En cas de rétractation, les sommes versées lui sont restituées dans un délai de vingt et un jours à compter du lendemain de la rétractation (CCH, article L271-2). Pour le lot, la situation est simple : la réservation n'a jamais vraiment existé, il revient en vente.

Tant que le délai court, le lot n'est pas vendu ; il ne faut pas pour autant le reproposer à quelqu'un d'autre. La bonne pratique est de garder une liste d'attente pour ce lot, prête à servir le onzième jour si la rétractation arrive.

Les cas de restitution

Le refus de prêt est de loin le plus fréquent. Le contrat fixe une date limite d'obtention des prêts : le motif s'établit par les refus des banques, et le dossier se clôt dès qu'ils sont produits. Attendre la date limite par principe, alors que les refus sont déjà sur la table, immobilise le lot pour rien.

Le refus de signer l'acte

Le contrat de réservation n'oblige pas le réservataire à acheter : il oblige le vendeur à lui réserver le lot. Un réservataire qui ne vient pas signer ne peut pas être contraint à la vente ; la sanction est la perte du dépôt, si le contrat le prévoit et qu'aucun cas de restitution n'est réuni.

Encore faut-il pouvoir constater la défaillance. Le projet d'acte doit avoir été notifié au moins un mois avant la date de signature (CCH, article R261-30). Si le réservataire ne se présente pas, le notaire peut dresser un procès-verbal de carence, ou le contrat prévoit une sommation : c'est cette pièce qui libère le lot sans discussion. Revendre un lot avant d'avoir constaté la défaillance, c'est s'exposer à un réservataire qui se présente finalement chez le notaire.

Récupérer le lot : la procédure

  1. Recevoir l'information par écrit. Un renoncement annoncé au téléphone ne libère rien. On demande une lettre, ou l'on constate la défaillance dans les formes du contrat.
  2. Qualifier le motif, pièces à l'appui : date de notification et de rétractation, refus de prêt, comparaison de prix. Le notaire tranche les cas douteux.
  3. Acter la fin de la réservation : lettre au réservataire qui prend acte de sa renonciation, en précisant le sort du dépôt.
  4. Traiter le dépôt avec le dépositaire : restitution dans les délais, ou libération au profit du vendeur selon le contrat.
  5. Archiver la vente tombée dans l'historique du lot : nom, prix, dates, motif. Supprimer la ligne fait perdre l'information.
  6. Remettre le lot en vente le jour même.

Si des travaux modificatifs avaient été chiffrés ou commandés pour ce réservataire, il faut aussi les arrêter, ou décider de les garder s'ils valorisent le lot. Une cloison déplacée à la demande d'un acquéreur qui s'en va peut devenir un argument, ou un obstacle, pour le suivant. Voir le guide des travaux modificatifs acquéreurs.

Remettre le lot en vente

Reprendre les contacts existants

Le premier vivier, ce sont les prospects qui avaient demandé ce lot ou cette typologie et à qui l'on avait répondu qu'il était pris. Ils se recontactent en premier, avant toute nouvelle annonce. Les agences et les apporteurs sont prévenus le même jour. Un fichier de prospects tenu à jour, comme le décrit le guide de la relance des prospects, fait ici gagner des semaines.

Comprendre pourquoi le lot est revenu

Un refus de prêt dit peu du lot. Un renoncement après visite du chantier, ou deux ventes tombées sur le même lot, en disent davantage : prix trop haut dans la grille, défaut d'orientation, vis-à-vis découvert. Avant de reproposer le lot au même prix, comparez-le avec ceux qui sont partis sans difficulté. La méthode des coefficients est rappelée dans le guide de la grille de prix d'un programme neuf.

Un contrat neuf, de nouvelles règles

Le nouveau réservataire signe un nouveau contrat, avec sa propre notification et son propre délai de rétractation. Le plafond du dépôt se calcule sur le délai entre cette nouvelle signature et l'acte prévu : un lot revendu à six mois de l'acte relève de la tranche des 5 %, même si le premier contrat avait été signé deux ans plus tôt sans dépôt. Le modèle de contrat et ses annexes obligatoires sont dans le guide du contrat de réservation VEFA.

Le rattrapage des appels de fonds

Un lot revendu alors que le chantier avance s'acte avec un rattrapage : le nouvel acquéreur paie à la signature tout ce qui correspond à l'avancement attesté. Un T4 de 260 000 € revendu après la mise hors d'eau apporte 70 % du prix en une fois, soit 182 000 €. C'est une bonne nouvelle pour la trésorerie, à condition que l'acquéreur et sa banque l'aient anticipé : le prêt doit pouvoir être débloqué à hauteur de ce rattrapage dès l'acte.

La grille des lots d'un programme dans CAP IMMO, avec l'état de chaque vente
La grille des lots d'un programme dans CAP IMMO, avec l'état de chaque vente

L'effet sur la pré-commercialisation : un exemple chiffré

Exemple fictif : un programme de 20 logements pour un chiffre d'affaires de 5 000 000 € TTC. La banque exige 50 % de pré-commercialisation en chiffre d'affaires pour lever le crédit et la garantie d'achèvement, un niveau courant, comme le rappelle le guide de la pré-commercialisation. Onze réservations portent 2 700 000 €, soit 54 % : la condition est remplie. Deux désistements surviennent dans la même semaine.

ÉtapeRéservationsChiffre d'affaires réservéTaux
Avant les désistements112 700 000 €54 %
T4 B12, prêt refusé : dépôt restitué102 440 000 €48,8 %
T3 C21, renoncement sans motif : dépôt de 12 000 € conservé selon le contrat92 200 000 €44 %
B12 revendu au même prix102 460 000 €49,2 %
C21 revendu 4 % sous la grille112 690 400 €53,8 %

Trois enseignements. D'abord, deux ventes suffisent à faire passer le programme sous le seuil : si le crédit n'était pas encore mis en place, sa levée est suspendue jusqu'à la revente. Ensuite, la remise de 4 % sur C21 coûte 9 600 € TTC, soit 8 000 € HT de chiffre d'affaires ; le dépôt conservé la couvre, mais seulement si le contrat le permet et que le réservataire ne le conteste pas. Enfin, le taux qui compte pour la banque se recalcule à chaque mouvement : il doit se lire le jour même, pas au comité suivant.

Prudence

Le traitement comptable et fiscal d'un dépôt conservé par le vendeur se valide avec l'expert-comptable de l'opération. Et la clause qui le prévoit se rédige avec le notaire : un réservataire qui conteste invoquera un cas de restitution, et c'est au promoteur de montrer qu'aucun n'est réuni.

Réduire les désistements à la source

  • Qualifier le financement avant la signature : simulation de prêt, apport réel, avis d'un courtier. Un refus de prêt prévisible est un désistement annoncé.
  • Raccourcir le délai entre réservation et acte : plus il s'allonge, plus les situations personnelles changent.
  • Suivre la date limite d'obtention des prêts avec des relances intermédiaires, comme le décrit le guide de la gestion des réservations.
  • Garder le contact pendant l'attente : un réservataire qui n'a reçu aucune nouvelle en six mois est plus prompt à partir.
  • Mesurer le taux de désistement par motif : un taux tiré par les refus de prêt n'appelle pas la même réponse qu'un taux tiré par les renoncements.

Après la signature de l'acte, il ne s'agit plus d'un désistement : la vente est conclue, et un acquéreur qui cesse de payer relève de la procédure décrite dans le guide de l'impayé d'appel de fonds.

Les désistements dans CAP IMMO

Dans CAP IMMO, la grille des lots porte l'état de chaque lot : disponible, optionné, réservé, acté, désisté. Un désistement archive la vente dans l'historique du lot avec son motif, le lot redevient disponible, et le taux de désistement s'affiche sur le programme. La fiche de l'acquéreur garde la fin de rétractation calculée, le dépôt avec son plafond légal et sa date de restitution, l'état du prêt et sa date limite. Le taux de pré-commercialisation se compare au seuil saisi avec le financement, et les ventes alimentent le bilan, les appels de fonds et la trésorerie. La démonstration s'ouvre dans le navigateur, sans inscription ; pour un échange sur vos programmes, réservez une démonstration.

Questions fréquentes

Un réservataire peut-il se désister d'un contrat de réservation VEFA ?

Oui. Il peut se rétracter sans motif pendant dix jours après la notification du contrat (CCH, article L271-1), renoncer dans un cas de restitution de l'article R261-31, ou simplement ne pas signer l'acte. Le contrat de réservation ne l'oblige pas à acheter ; ce qui change, c'est le sort de son dépôt.

Le promoteur peut-il revendre le lot tout de suite ?

Dès que le désistement est établi par écrit : lettre de rétractation reçue dans le délai, motif de restitution justifié, ou défaillance constatée à la date de l'acte. Avant, le lot reste réservé, mais une liste d'attente peut être préparée.

Que se passe-t-il si le réservataire ne vient pas signer l'acte ?

Il ne peut pas être contraint d'acheter. Le notaire constate sa défaillance, par exemple par un procès-verbal de carence, ce qui libère le lot. Le dépôt reste acquis au vendeur si le contrat le prévoit et qu'aucun cas de restitution n'est réuni.

Un désistement fait-il baisser la pré-commercialisation ?

Oui, immédiatement : le chiffre d'affaires réservé du lot sort du taux. Sur un petit programme, deux désistements peuvent suffire à repasser sous le seuil exigé par la banque, d'où l'intérêt de revendre vite.

Le nouveau réservataire paie-t-il le même dépôt ?

Pas forcément. Le plafond du dépôt dépend du délai entre la signature de son propre contrat et l'acte prévu : 5 % si l'acte doit intervenir dans l'année, 2 % entre un et deux ans, rien au-delà (CCH, article R261-28).

Sacha ClermontConcepteur de CAP IMMO, logiciel de pilotage d'opérations de promotion immobilière pour les promoteurs indépendants. Les guides sont écrits à partir des textes en vigueur et de ce que le logiciel calcule réellement. Profil LinkedIn

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