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CAP IMMO
Commercialisation et VEFA

Choix des finitions VEFA : organiser le catalogue, tenir les dates, chiffrer les options

Carrelage, parquet, faïence, portes, cuisine : les acquéreurs en VEFA aiment choisir, et le promoteur a intérêt à les laisser faire, à condition que les choix arrivent à temps, soient chiffrés d'avance et ne désorganisent pas le chantier. Voici comment construire un catalogue de finitions, caler ses dates limites sur le planning, fixer le prix des options et suivre chaque choix jusqu'à la livraison.

Par Sacha Clermont · mis à jour le 3 octobre 2026 · 8 min de lecture

Dans ce guide

En bref

Le choix des finitions en VEFA consiste à laisser l'acquéreur choisir, dans un catalogue préparé par le promoteur, ses revêtements, sa faïence ou ses portes, sans supplément dans la gamme de la notice et avec une plus-value au-delà. Chaque famille de choix a une date limite fixée par le planning du chantier. Les options payantes se chiffrent à l'avance, se valident par un bon signé et se facturent à part des appels de fonds.

Choix, options, travaux modificatifs : trois niveaux

On parle de « choix des finitions » pour trois choses de nature différente. Les confondre conduit à chiffrer au cas par cas ce qui pouvait l'être une fois pour toutes.

NiveauExemplePrixCe qui change dans le contrat
Choix dans la gammeTrois teintes de carrelage, deux de faïence, prévues par la noticeInclus dans le prixRien : la notice prévoit déjà le choix
Option du catalogueParquet en chêne au lieu d'un stratifié, faïence toute hauteurPlus-value à prix fixe, connue d'avanceUn bon de choix signé, facturé à part
Moins-valueSuppression d'un placard aménagéCrédit fixé d'avance, souvent modesteUne réduction à formaliser avec le notaire
Travaux modificatifsCloison déplacée, prises ajoutéesSur devis, au cas par casUn devis accepté, puis un avenant au marché de l'entreprise

Les travaux modificatifs acquéreurs (TMA) ont leur guide : demande, étude, devis, date limite, avenant au marché. Ce guide porte sur les deux premiers niveaux, ceux qu'un catalogue bien préparé permet de traiter en série.

Partir de la notice descriptive

La notice descriptive annexée à l'acte décrit le logement vendu, matériau par matériau. C'est elle qui fixe la prestation de base et, si elle le prévoit, l'existence d'un choix : « carrelage 45 × 45, choix parmi trois coloris de la gamme du promoteur ». Deux conséquences :

  • le choix dans la gamme doit être écrit dans la notice, sinon l'acquéreur peut contester à la livraison un coloris qu'il n'a pas choisi ;
  • la prestation de base est celle qui sera livrée par défaut si l'acquéreur ne choisit pas : la notice doit le dire, et le bon de choix le rappeler.

Une notice qui promet « carrelage au choix de l'acquéreur » sans limite de gamme ouvre la porte à des demandes impossibles à tenir. Mieux vaut une phrase précise qu'une générosité de plaquette.

Construire le catalogue avec les entreprises

Le catalogue se prépare avant la signature des marchés de second œuvre, pas après. C'est le moment où les entreprises acceptent de chiffrer les options à prix unitaire, parce qu'elles cherchent à obtenir le marché. Après, chaque option devient une négociation.

  • Demander dans l'appel d'offres un bordereau de prix unitaires pour les options envisagées : plus-value au mètre carré pour un parquet, prix d'une prise supplémentaire, moins-value d'un placard supprimé.
  • Limiter les choix : deux ou trois coloris par poste, une ou deux options. Un catalogue de quarante références multiplie les commandes, les erreurs de pose et les reliquats de matériaux.
  • Montrer les matériaux : échantillons au bureau de vente, photos dans l'espace acquéreur. Un acquéreur qui a vu le carrelage en vrai le conteste moins à la livraison.
  • Prévoir les délais d'approvisionnement de chaque référence : ce sont eux, et non la pose, qui fixent les dates limites.

Des dates limites liées au planning

Chaque famille de choix a sa date au-delà de laquelle le choix n'est plus possible, parce que l'entreprise doit commander. Ces dates se calculent à rebours depuis le planning de chantier, étage par étage, avec une marge.

Famille de choixDate limite, ordre de grandeurCe qui la fixe
Implantation de la cuisine et des sanitairesAvant le coulage des planchers de l'étageLes réservations et évacuations noyées dans la dalle
Prises, points lumineux, cloisonsAvant le démarrage du cloisonnementLes gaines posées avec les cloisons
Carrelage, faïence, parquetPlusieurs semaines avant la pose, selon l'approvisionnementLa commande des matériaux par l'entreprise
Portes intérieures, placardsAvant la commande des menuiseries intérieuresLes délais de fabrication
Peinture, teintesAvant le démarrage des peinturesLa préparation des teintes

Ces repères sont indicatifs : les vraies dates viennent du planning et se fixent avec le maître d'œuvre et chaque entreprise. Deux règles les rendent tenables. D'abord, une seule date limite par famille pour tout le programme, ou par étage sur une grande opération, plutôt qu'une date par logement. Ensuite, des dates annoncées dès l'acte et rappelées un mois avant leur échéance, dans la lettre d'information aux acquéreurs.

La visite cloisons arrive trop tard pour choisir les prises ou déplacer une cloison : elle sert à vérifier que les choix déjà faits sont respectés. Annoncer cette chronologie dès le départ évite la phrase qu'aucun conducteur de travaux n'aime entendre : « je pensais pouvoir encore changer ».

Chiffrer les plus-values et les moins-values

Le prix d'une option se construit en trois couches : le prix de l'entreprise, issu du bordereau de son marché ; les frais de gestion du promoteur, s'il en applique, annoncés dans le catalogue ; la TVA. Les options facturées par le promoteur font partie de la livraison du logement et suivent, en règle générale, le taux de TVA de la vente du lot ; un lot vendu à taux réduit pose la question du taux applicable aux options, à vérifier avec l'expert-comptable.

Les moins-values sont plus délicates. L'entreprise ne restitue pas le prix de vente d'une prestation qu'elle ne pose pas, mais le crédit qu'elle consent, souvent inférieur. Beaucoup de promoteurs limitent donc les moins-values à quelques suppressions bien identifiées, chiffrées d'avance, plutôt que d'en ouvrir la porte sur tout le catalogue.

Prudence

Une moins-value modifie le prix de vente, et une option peut être considérée comme faisant partie de la vente. Le code de la construction et de l'habitation encadre strictement les versements que le vendeur peut exiger en VEFA, et les appels de fonds se calculent sur le prix. Avant de proposer un catalogue, faites valider par le notaire de l'opération la forme des bons de choix, le traitement des moins-values dans l'acte et les modalités de paiement des options, notamment tout acompte demandé avant leur exécution.

Un exemple chiffré

Exemple fictif : un T3 dans un programme de 30 logements, vendu au taux normal de TVA. Le promoteur applique 10 % de frais de gestion aux plus-values et répercute les moins-values au crédit consenti par l'entreprise, sans marge.

ChoixPrix entreprise HTFacturé à l'acquéreur HT
Parquet chêne contrecollé au lieu du stratifié, séjour de 26 m² à 38 €/m²988,00 €1 086,80 €
Faïence toute hauteur, 12 m² supplémentaires à 45 €/m²540,00 €594,00 €
Quatre prises supplémentaires à 85 €340,00 €374,00 €
Suppression du placard de la chambre 2 (moins-value)−420,00 €−420,00 €
Total HT1 448,00 €1 634,80 €
TVA à 20 %326,96 €
Total TTC dû par l'acquéreur1 961,76 €

Les frais de gestion représentent ici 186,80 € HT pour ce lot. Si 18 acquéreurs sur 30 prennent des options d'un montant comparable, ils atteignent 3 362,40 € HT sur le programme : de quoi couvrir le temps passé à gérer les choix, pas de quoi en faire un centre de profit. L'intérêt du catalogue est ailleurs : des acquéreurs satisfaits, des choix arrivés à temps, et aucune option oubliée à la livraison. Dans le bilan promoteur, les options ne modifient pas le chiffre d'affaires du prix de vente : elles s'ajoutent en recette et en dépense, et se suivent à part.

Du bon de choix à la livraison

Un choix n'existe que s'il est écrit. Le circuit tient en cinq étapes :

  1. Le bon de choix, un par logement et par famille, daté et signé par l'acquéreur, avec les références exactes et le prix des options. Une date limite dépassée sans bon signé vaut prestation de base.
  2. La transmission à l'entreprise, logement par logement, dans un tableau récapitulatif qu'elle signe en retour. Les options payantes passent par un ordre de service ou un avenant à son marché.
  3. Le contrôle à la visite cloisons pour ce qui se voit déjà, prises et cloisons, puis pendant les finitions.
  4. Le contrôle à la livraison : le bon de choix est joint au dossier de livraison. Un coloris non conforme devient une réserve.
  5. La facturation des options, à part des appels de fonds du prix, selon les modalités validées avec le notaire.

Les erreurs fréquentes

  • Ouvrir les choix trop tard, quand l'entreprise a déjà commandé pour tout le programme.
  • Accepter un choix par téléphone, sans bon signé : il sera contesté à la livraison, dans un sens ou dans l'autre.
  • Laisser l'acquéreur traiter directement avec l'entreprise : il n'a pas de contrat avec elle, et le promoteur perd la maîtrise de ses marchés et de ses garanties.
  • Mélanger options et appels de fonds : les plafonds de l'échéancier se calculent sur le prix de vente, et un appel qui inclut des options devient illisible.
  • Oublier le reliquat : les références abandonnées par les acquéreurs laissent des matériaux commandés en trop, à négocier dès le marché.

Les choix et les options dans CAP IMMO

CAP IMMO suit les demandes de chaque acquéreur comme des travaux modificatifs : demande, chiffrage, devis avec sa date de validité, acceptation, exécution, refus. La date limite des travaux modificatifs se fixe pour le programme et s'affiche dans l'espace de chaque acquéreur, qui peut y accepter un devis en ligne. Le catalogue lui-même, ses coloris et ses échantillons, se prépare avec les entreprises, hors du logiciel. La démonstration s'ouvre dans le navigateur, sans inscription.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le choix des finitions en VEFA ?

C'est la possibilité laissée à l'acquéreur de choisir, dans un catalogue préparé par le promoteur, certains revêtements et équipements de son logement : carrelage, faïence, parquet, portes. Les choix prévus par la notice sont inclus dans le prix ; les options au-delà donnent lieu à une plus-value.

Jusqu'à quand l'acquéreur peut-il choisir ses finitions ?

Jusqu'à une date limite fixée par le promoteur pour chaque famille de choix, calculée à rebours depuis le planning du chantier et les délais de commande des entreprises. Passé cette date sans bon de choix signé, le logement est livré avec la prestation de base prévue par la notice.

Quelle différence entre une option de finition et un travail modificatif ?

L'option est prévue au catalogue, avec un prix fixé d'avance, et se traite en série. Le travail modificatif est une demande sur mesure, comme une cloison déplacée, qui passe par une étude, un devis au cas par cas et un avenant au marché de l'entreprise.

Comment se calcule le prix d'une option de finition ?

On part du prix de l'entreprise, issu du bordereau de son marché, on ajoute les éventuels frais de gestion du promoteur annoncés dans le catalogue, puis la TVA, qui suit en règle générale le taux de la vente du lot. Un exemple chiffré figure dans ce guide.

Le promoteur doit-il accepter les moins-values ?

Non. Beaucoup de promoteurs les limitent à quelques suppressions bien identifiées, chiffrées d'avance, parce que le crédit consenti par l'entreprise est souvent inférieur au prix de la prestation. Une moins-value modifie le prix de vente : sa forme se valide avec le notaire.

Sacha ClermontConcepteur de CAP IMMO, logiciel de pilotage d'opérations de promotion immobilière pour les promoteurs indépendants. Les guides sont écrits à partir des textes en vigueur et de ce que le logiciel calcule réellement. Notre méthode · Profil LinkedIn

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