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CAP IMMO
Foncier, urbanisme et montage

Étude de sol G1, G2 : quand la commander et ce qu'elle coûte au promoteur

L'étude de sol ne coûte presque rien au regard d'une opération, mais ce qu'elle révèle peut retirer plusieurs points de marge. Tout se joue sur le moment où on la commande : avant de s'engager sur le prix du terrain, elle sert à négocier ; après, elle ne sert plus qu'à constater. Voici les missions G1 et G2, ce que la loi impose en zone d'argiles, la clause à prévoir dans la promesse et un exemple chiffré de fondations spéciales.

Par Sacha Clermont · mis à jour le 3 octobre 2026 · 9 min de lecture

En bref

La norme NF P94-500 découpe l'ingénierie géotechnique en missions successives : la G1, étude préalable, qualifie le site et les principes de fondation ; la G2, étude de conception, dimensionne le projet réel ; la G3 et la G4 accompagnent l'exécution. Dans les zones exposées au retrait-gonflement des argiles, le vendeur d'un terrain non bâti constructible doit fournir une étude préalable. Pour un promoteur, l'enjeu est de connaître le type de fondations avant de figer le prix du terrain : une condition suspensive liée au sol, avec un seuil de surcoût chiffré, protège le bilan.

Ce que mesure une étude de sol

Une étude de sol, ou étude géotechnique, décrit la nature et le comportement du terrain sous le futur bâtiment : succession des couches, présence de remblais, d'argiles sensibles à l'eau, de cavités, niveau de la nappe, capacité du sol à porter des charges. Elle en déduit le type de fondations possible et les précautions à prendre pour les terrassements, les sous-sols et les dallages.

Pour le promoteur, cette information est d'abord économique. Des fondations superficielles, semelles filantes ou isolées, coûtent peu. Des fondations profondes, pieux ou micropieux, un radier, un cuvelage ou un rabattement de nappe pour un sous-sol, peuvent représenter plusieurs centaines de milliers d'euros sur un petit collectif. Ce poste se range dans le prix de revient de l'opération, et, parce que le foncier est ce qui reste une fois tout payé, il se répercute directement sur la charge foncière que l'on peut offrir.

Les missions de la norme NF P94-500

La norme NF P94-500, dans sa version de 2013, classe les missions d'ingénierie géotechnique et fixe leur enchaînement. Elle n'est pas une loi : elle devient obligatoire parce que les contrats, les assureurs, les contrôleurs techniques et, en zone d'argiles, les textes réglementaires y renvoient. Son principe est simple : chaque mission s'appuie sur la précédente, et le niveau de précision augmente à mesure que le projet se fige.

MissionPhaseCe qu'elle apporteQui la commande
G1 ESÉtude de siteContexte géologique, risques majeurs du site, premier modèle de solLe maître d'ouvrage, ou le vendeur du terrain
G1 PGCPrincipes généraux de constructionPremiers principes de fondation et de terrassement, sans projet précisLe maître d'ouvrage, ou le vendeur du terrain
G2 AVPAvant-projetModèle de sol fondé sur des sondages, type de fondations et ordre de grandeur des coûts pour l'esquisse retenueLe maître d'ouvrage
G2 PROProjetDimensionnement des fondations, soutènements et dallages du projet arrêtéLe maître d'ouvrage, avec la maîtrise d'œuvre
G2 DCE/ACTConsultation des entreprisesPièces techniques du dossier de consultation, analyse des offres sur le volet géotechniqueLe maître d'ouvrage
G3ExécutionÉtude et suivi géotechniques d'exécutionL'entreprise de fondations
G4SupervisionContrôle, pour le maître d'ouvrage, de ce que fait l'entreprise en G3Le maître d'ouvrage

La mission G5, diagnostic géotechnique, intervient sur un ouvrage existant ou après un sinistre ; elle concerne peu l'amont d'une opération neuve. Les intitulés détaillés et le contenu exact de chaque phase se lisent dans la norme et dans le devis du géotechnicien : deux offres « G2 » ne comportent pas forcément le même nombre de sondages.

L'obligation en zone d'argiles depuis la loi ELAN

La loi ELAN de 2018 a créé une obligation propre aux zones exposées au retrait-gonflement des argiles, ces sols qui se rétractent en période sèche et gonflent en période humide, et fissurent les constructions mal fondées. Ces règles figurent aujourd'hui dans le code de la construction et de l'habitation, aux articles L132-4 et suivants depuis la recodification de 2021. La carte d'exposition se consulte à l'adresse du terrain sur Géorisques.

  • À la vente d'un terrain non bâti constructible situé en zone d'exposition moyenne ou forte, le vendeur fournit une étude géotechnique préalable. Elle est annexée à la promesse de vente ou, à défaut, à l'acte authentique, et reste attachée au terrain lors des ventes suivantes.
  • Au stade de la construction, les obligations visent surtout les maisons et petits immeubles : le maître d'ouvrage transmet l'étude préalable ou une étude de conception au constructeur, qui suit ses recommandations ou des techniques forfaitaires prévues par les textes.

Pour un promoteur de petits collectifs, deux conséquences pratiques. D'abord, en zone d'argiles, le vendeur doit vous remettre une étude préalable : demandez-la dès l'offre, elle donne une première lecture gratuite du sol. Ensuite, cette étude préalable ne suffit pas pour construire un immeuble : c'est la conception, l'assureur dommages-ouvrage et le contrôleur technique qui imposent une G2 adaptée au projet réel.

Prudence

Le champ exact de l'obligation de vente (terrains concernés, exceptions), le contenu réglementaire de l'étude préalable, sa durée de validité et la numérotation des articles issus de la recodification se vérifient avec le notaire de l'opération sur les textes en vigueur. L'existence d'une étude préalable fournie par le vendeur ne dispense pas le promoteur de ses propres études de conception.

Quand commander quoi

La règle du site, rappelée dans le guide de l'étude de faisabilité, vaut ici : on ne dépense pour les études payantes qu'une fois la promesse signée, avec une condition qui permet de sortir. Le calendrier type d'un petit collectif :

  1. Avant l'offre : lecture de Géorisques (argiles, cavités, inondation, anciens sites industriels), carte géologique, étude préalable du vendeur si elle existe, retour d'expérience des opérations voisines. Coût : du temps.
  2. Promesse signée : commande d'une G2 AVP sur l'esquisse de l'architecte, avec des sondages implantés au droit du futur bâtiment. C'est elle qui dit si les fondations seront superficielles ou profondes.
  3. Avant le dépôt du permis : le résultat de la G2 AVP entre dans le bilan. Si le surcoût dépasse le seuil prévu, on renégocie ou on sort.
  4. Après le permis : G2 PRO pour dimensionner, puis G2 DCE/ACT pour consulter les entreprises sur une base commune.
  5. Pendant le chantier : G3 par l'entreprise, G4 par le maître d'ouvrage pour contrôler.

Commander la G2 AVP trop tard est l'erreur la plus fréquente : le permis est déposé, le prix du terrain est figé, et les pieux apparaissent au moment de consulter les entreprises. Le surcoût ne se négocie plus avec personne.

Ce qu'elle coûte : des ordres de grandeur

Le prix d'une étude dépend du nombre et de la profondeur des sondages, de l'accès au terrain, des essais en laboratoire et de la région. Les fourchettes ci-dessous sont indicatives, pour un petit collectif de dix à trente logements : elles servent à prévoir une ligne au bilan, pas à juger un devis.

MissionOrdre de grandeur indicatif, HTCe qui fait varier le prix
G1 ES et PGCQuelques milliers d'eurosPrésence ou non de sondages légers, taille du terrain
G2 AVPDe 5 000 à 20 000 €Nombre et profondeur des sondages, essais pressiométriques, piézomètre pour la nappe
G2 PRO et DCE/ACTQuelques milliers d'eurosComplexité des soutènements, sous-sol, mitoyens
G4Quelques milliers d'eurosDurée des travaux de fondation et nombre de visites

Rapportées à un chiffre d'affaires de plusieurs millions, ces sommes sont faibles. Ce qui coûte cher, c'est ce que l'étude découvre, et plus encore ce qu'elle découvre trop tard. Ces honoraires se rangent avec les honoraires techniques du bilan promoteur.

La clause sol dans la promesse de vente

Une promesse de vente de terrain sérieuse prévoit une condition suspensive liée à l'état du sol. Rédigée vaguement, « sol compatible avec le projet », elle ouvre un débat sans fin. Rédigée avec un seuil, elle se lève ou défaille sans discussion. Les points à écrire :

  • L'étude de référence : une G2 AVP au sens de la norme NF P94-500, réalisée par un géotechnicien choisi par l'acquéreur, sur le projet décrit dans la promesse.
  • Le délai : la date limite pour réaliser l'étude et notifier son résultat au vendeur, et l'autorisation d'accès au terrain pour les sondages.
  • Le seuil : un surcoût de fondations et de terrassement, par rapport à des fondations superficielles, au-delà duquel la condition défaille. On l'exprime en euros HT ou en euros par m² de surface de plancher.
  • La renégociation : la faculté pour le vendeur de maintenir la vente en acceptant une baisse du prix égale au surcoût dépassant le seuil.
  • Le bénéficiaire : la condition est stipulée au profit du seul acquéreur, qui peut y renoncer.

Si le vendeur refuse toute condition liée au sol, l'étude doit être faite avant la signature, ou le prix doit intégrer une provision. Signer sans l'une ni l'autre revient à parier sur la nature du sous-sol.

Fondations spéciales : un exemple chiffré

Exemple fictif : un collectif de 22 logements, 1 500 m² de surface de plancher, pour un chiffre d'affaires de 5 400 000 € HT. Le bilan d'approche retenait des fondations superficielles à 90 000 € HT. La G2 AVP révèle des remblais épais sur des argiles plastiques : il faut des pieux, chiffrés à 260 000 € HT.

PosteCalculMontant HT
Surcoût de fondations260 000 € − 90 000 €170 000 €
Honoraires techniques induits12 % du surcoût20 400 €
Assurances induites2,5 % du surcoût4 250 €
Surcoût total194 650 €
Effet sur la marge194 650 € ÷ 5 400 000 €− 3,6 points
Effet sur l'incidence foncière admissible194 650 € ÷ 1 500 m²− 130 €/m² SDP

Lecture : si l'étude arrive avant le permis et que la promesse prévoit un seuil, ces 194 650 € se discutent avec le vendeur, et le prix du terrain baisse. Si elle arrive après la levée des conditions, ils sortent de la marge du promoteur, qui perd plus d'un tiers d'une marge visée de 10 %. Le calculateur de charge foncière permet de refaire ce compte avec vos hypothèses.

Les autres conséquences d'un sol difficile

  • Le planning : des pieux demandent une entreprise spécialisée et une phase de travaux à part, à caler dans le planning de chantier.
  • L'assurance : l'assureur dommages-ouvrage demande les études géotechniques ; leur absence ou leur insuffisance renchérit la prime ou bloque la souscription.
  • Le voisinage : des fondations profondes ou un rabattement de nappe près de bâtiments mitoyens justifient un référé préventif avant les travaux.
  • Les terres : un terrassement important produit des déblais dont la nature, inerte ou non, change le coût d'évacuation. C'est l'objet du guide de la pollution des sols.

L'étude de sol dans CAP IMMO

Dans CAP IMMO, les honoraires du géotechnicien et le poste de fondations sont des lignes du bilan de l'opération, modifiables à mesure que les études avancent : le passage de fondations superficielles à des pieux se voit aussitôt dans la marge et dans ce que le terrain peut supporter. Les échéances de la promesse, dont la date limite de la condition liée au sol, se suivent dans l'opération. La démonstration s'ouvre dans le navigateur, gratuitement et sans inscription.

Questions fréquentes

Quelle différence entre une étude de sol G1 et G2 ?

La G1 est une étude préalable : elle qualifie le site et donne des principes généraux de fondation sans projet précis. La G2 est une étude de conception : elle s'appuie sur des sondages au droit du bâtiment projeté et dimensionne les fondations. Pour un immeuble, c'est la G2 qui fixe le coût réel des fondations.

L'étude de sol est-elle obligatoire pour vendre un terrain ?

Dans les zones exposées au retrait-gonflement des argiles, la loi ELAN impose au vendeur d'un terrain non bâti constructible de fournir une étude géotechnique préalable, annexée à la promesse ou à l'acte. Le champ exact de l'obligation se vérifie avec le notaire. Hors de ces zones, aucune étude n'est imposée à la vente.

Quand un promoteur doit-il commander la G2 AVP ?

Une fois la promesse signée, sur l'esquisse de l'architecte, et avant de déposer le permis. Son résultat doit pouvoir faire jouer une condition suspensive ou une renégociation du prix. Commandée après la levée des conditions, elle ne sert plus qu'à constater un surcoût.

Combien coûte une étude de sol pour un petit collectif ?

À titre indicatif, quelques milliers d'euros pour une G1 et de l'ordre de 5 000 à 20 000 € HT pour une G2 AVP, selon le nombre et la profondeur des sondages. Ces sommes restent faibles au regard du coût de fondations spéciales, qui peut atteindre plusieurs centaines de milliers d'euros.

Qui paie l'étude de sol, le vendeur ou le promoteur ?

L'étude préalable imposée en zone d'argiles est à la charge du vendeur. Les études de conception, G2 notamment, sont commandées et payées par le promoteur, maître d'ouvrage. La promesse peut prévoir une autre répartition, par exemple un remboursement si la vente se fait.

Sacha ClermontConcepteur de CAP IMMO, logiciel de pilotage d'opérations de promotion immobilière pour les promoteurs indépendants. Les guides sont écrits à partir des textes en vigueur et de ce que le logiciel calcule réellement. Profil LinkedIn

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