Dans ce guide
En bref
Les points de vigilance d’une opération de promotion sont des signaux qui annoncent une perte ou un blocage si on ne le traite pas à temps : un marché facturé au-delà de son montant, un sous-traitant sans agrément, un appel de fonds resté sans virement, une purge de permis qui n’arrive pas. Un promoteur indépendant les suit aujourd’hui dans un tableur et de mémoire. Le logiciel CAP IMMO les calcule à partir des données saisies et les remonte sur chaque programme et dans la vue générale.
Ce qu’est un point de vigilance
Un point de vigilance n’est ni une échéance ni une décision. C’est un fait, ou une date, à partir duquel une perte ou un blocage devient probable si personne n’agit. Une échéance dit « c’est pour le 30 juin » ; un point de vigilance dit « le marché du lot gros œuvre est déjà dépassé de 7 % » ou « trois appels de fonds attendent leur virement depuis plus de quinze jours ».
Il y a trois familles. Les points juridiques et réglementaires tiennent aux délais qui ne se rattrapent pas : purge du permis, garantie financière d’achèvement, dommages-ouvrage, décennale. Les points financiers touchent l’argent qui sort ou qui ne rentre pas : marchés, sous-traitants, appels de fonds, trésorerie, crédit. Les points d’organisation sont plus discrets : un mandat d’agence échu, une réserve que personne ne relance, un prospect laissé sans réponse.
Comment un promoteur les suit aujourd’hui
La méthode la plus répandue tient en trois outils : un tableur par opération, un agenda pour les purges et les garanties, une boîte mail pour ce que l’entreprise a accepté ou ce que l’acquéreur a payé. Le tout se met à jour le vendredi, quand il reste du temps.
Ce système tient tant qu’il n’y a qu’une opération. Ce qui se perd est presque toujours de la même nature : une date née dans un courriel et jamais reportée, un avenant signé sans suite, un sous-traitant ajouté sans demande d’agrément, un appel émis mais jamais pointé. Personne ne décide de ne pas suivre ces points. Ils disparaissent parce qu’ils sont dispersés.
Les neuf points à surveiller, et ce qu’ils coûtent
Le tableau relie chaque point à son déclencheur et à l’action qui suit. Les montants de la colonne du coût sont des ordres de grandeur fictifs, pour fixer les idées : chaque opération a ses propres chiffres.
| Point de vigilance | Ce qui le déclenche | Ce qu’il coûte si on le rate (fictif) | Ce qu’on fait |
|---|---|---|---|
| Dépassement de marché | Factures cumulées supérieures au marché signé et à ses avenants | 28 000 € de marge en moins sur un marché de 400 000 € | Exiger l’avenant signé ou le décompte avant le paiement suivant |
| Sous-traitant sans agrément | Sous-traitant déclaré sans date d’agrément du maître d’ouvrage | Une créance de 60 000 € pouvant être réclamée au promoteur si l’entreprise ne paie pas. Voir le paiement direct et la sous-traitance | Obtenir l’agrément avant le début des travaux du sous-traitant |
| Appel de fonds sans virement | Appel émis, aucun encaissement pointé au-delà du délai de paiement | 126 000 € absents de la trésorerie du mois, plus les intérêts de retard. Voir les impayés d’appel de fonds | Relancer, puis mise en demeure par lettre recommandée |
| Retard de purge | Recours des tiers pendant, retrait possible, attestations de non-recours manquantes | Un chantier lancé sur un permis qui peut encore tomber : arrêt de plusieurs mois. Voir la purge du permis | Attendre l’attestation de non-recours avant d’engager le gros des travaux |
| Mandat échu | Mandat d’agence dont la date de fin est passée, avec des lots encore confiés | Un lot vendu hors exclusivité : deux commissions à régler sur une vente de 300 000 € | Renouveler ou clore le mandat par écrit, lot par lot |
| Réserve non levée | Réserve au-delà du délai contractuel, quitus en attente, dénonciation tardive | Une retenue de garantie de 10 000 € bloquée par une opposition. Voir la levée des réserves | Mise en demeure de l’entreprise, constat contradictoire |
| Garantie à renouveler | Décennale expirée ou à renouveler dans les 60 jours, dommages-ouvrage absente au démarrage, caution échue | Des désordres qui restent à la charge du promoteur. Voir l’assurance dommages-ouvrage | Réclamer l’attestation avant l’échéance, souscrire la DO avant l’ouverture |
| Seuil de pré-commercialisation non atteint | Chantier lancé avec un taux inférieur au seuil exigé par la banque | Déblocage du crédit retardé de plusieurs mois : 30 000 € de frais de portage supplémentaires. Voir la pré-commercialisation | Suivre le taux chaque semaine, négocier le seuil avant le démarrage |
| Point bas de trésorerie négatif | Solde cumulé négatif, crédit compris, sur un mois du plan | Un besoin de 150 000 € à trouver en urgence, souvent plus cher qu’un décalage anticipé. Voir le point bas de trésorerie | Décaler un poste, négocier une prorogation ou un apport |
Ce que fait CAP IMMO : les alertes calculées
Le logiciel CAP IMMO calcule ces points à partir des données saisies sur chaque programme. Chaque alerte porte un libellé qui s’affiche tel quel dans la vue générale, sur la fiche du programme et dans les notifications. Les principales familles, avec leur texte réel :
- Bloquant : « Bloquant : … acte de vente en l’état futur d’achèvement signé sans garantie financière d’achèvement … ». C’est le seul point marqué comme bloquant : il est placé en tête de liste.
- Marchés : « Dépassement marché « … » : facturé … pour un marché de … » ; « … marché(s) en retard — jusqu’à … jours » ; « Budget travaux dépassé de … » ; « … sous-traitant(s) sans agrément du maître d’ouvrage ».
- Appels de fonds : « … appel(s) de fonds émis depuis plus de 15 jours sans encaissement pointé » ; « … de trop (art. R.261-14 CCH) » quand le cumul appelé dépasse le plafond de l’avancement ; « appel anticipé » ; « appel de fonds émis avant l’acte ».
- Financement : « Trésorerie négative de … en …, crédit compris » ; « Le concours finit avant la livraison » ; « Tirages débloqués … supérieurs au concours accordé » ; « Pré-commercialisation à … pour un seuil bancaire de … ».
- Foncier et permis : « Promesse du terrain : date butoir … dépassée sans acte ni prorogation » ; « … la date butoir tombe avant la purge » ; « Limite de remise des pièces complémentaires — rejet tacite au-delà » ; « Péremption du permis … » ; « Affichage du permis : … constat d’huissier manquant ».
- Livraison et garanties : « Réserve de réception non levée après le délai contractuel » ; « Garantie décennale expirée — … » ; « Garantie décennale à renouveler — … » ; « Aucune assurance dommages-ouvrage enregistrée alors que le chantier a démarré » ; « Réception prononcée depuis plus de 30 jours sans DAACT déposée en mairie ».
- Cohérence des données : « Incohérence : … acquéreurs saisis pour seulement … lots » ; « Incohérence : chantier en cours sans aucun marché de travaux saisi » ; « Incohérence : opération marquée clôturée alors que … réserves restent ouvertes ».
Une alerte n’existe que si la donnée qui la fait naître a été saisie. Une date absente ne produit pas d’alerte : c’est la limite la plus importante du système, détaillée plus bas.
Le carnet manuel : ce que vous ajoutez
Sur chaque chantier, l’onglet « Réserves & vigilance » porte une table « Points de vigilance & difficultés » : un type (Vigilance ou Difficulté), une description, un statut (Ouvert, Sous contrôle, Résolu) et l’action en cours. Seule une difficulté non résolue remonte dans la vue générale ; une vigilance saisie à la main reste sur la fiche du chantier. Les carnets d’information du logement ajoutent leurs points, relevés autour des livraisons.
Où les voir : vue générale, fiche du programme, notifications
La vue générale affiche une carte « Points de vigilance », repliée, avec le nombre de points à surveiller ; chaque ligne ouvre le programme concerné. Cette carte ne s’affiche qu’aux comptes qui voient les finances : sans cet accès, les points financiers restent masqués. Au-dessus, les tuiles de « L’essentiel de la semaine » donnent le point bas de trésorerie, les impayés, les factures à payer, les appels à émettre et ce qui dérive. Les compteurs « En retard » et « À traiter » ouvrent la carte « Échéances » de la vue générale, qui liste les dates ; une échéance dépassée se signale aussi sur la carte de son programme.
Les échéances dépassées créent en outre une notification dans le logiciel, une seule fois par échéance ; la liste en garde les cent dernières. Ce sont des notifications d’écran : le logiciel n’envoie pas de courriel à leur sujet.
La bannière de lancement, et ce qu’elle ne fait pas encore
Le lancement calcule les points de vigilance, mais il n’affiche pas de bannière : dans la version examinée pour cet article, aucune bannière de vigilance n’apparaît. Les points se lisent donc dans la vue générale. Une autre bannière, « Montant à vérifier », existe pour un tout autre cas : elle signale une valeur incalculable sur un bilan, par exemple un montant qui n’est pas un nombre, et ne relève pas des points de vigilance.
Gravité et ordre de traitement
Le logiciel n’utilise pas une échelle unique. La liste des points de vigilance place les bloquants en tête. La vue « Ce qui dérive » classe chaque signal en rouge ou en ambre, et classe les programmes selon leurs signaux rouges, pondérés plus lourdement que les ambres : le plus atteint vient en premier.
Pour traiter une liste à la main, l’ordre suivant évite le plus de dégâts. C’est une méthode proposée, pas une règle du logiciel :
- les bloquants, qui empêchent un acte ou un paiement ;
- les échéances légales dépassées : purge, butoir de promesse, délai de garantie ;
- l’argent qui sort sans contrepartie : marché dépassé, sous-traitant non agréé ;
- l’argent qui ne rentre pas : appels sans virement, impayés ;
- les incohérences de données, à corriger dès qu’on les voit, car elles faussent tous les autres calculs.
Exemple fictif : une semaine sur l’opération « Les Tilleuls »
Exemple fictif. L’opération « Les Tilleuls », douze logements, est en chantier. Le marché de gros œuvre est signé à 400 000 € HT ; l’entreprise a facturé 428 000 € HT. Le lot 4, prix de 180 000 € TTC, a fait l’objet d’un appel à 70 % à la mise hors d’eau, soit 126 000 €, émis il y a vingt jours sans virement pointé. Le même vendredi, un sous-traitant de l’entreprise de gros œuvre, pour une créance de 60 000 €, n’a pas d’agrément enregistré.
Le logiciel remonte trois lignes : « Dépassement marché « Gros œuvre » : facturé 428 000 € pour un marché de 400 000 € » ; un appel de fonds émis depuis plus de 15 jours sans encaissement pointé, de 126 000 €, avec l’invitation à relancer l’acquéreur ; et un sous-traitant sans agrément du maître d’ouvrage sur le lot gros œuvre.
Ces trois lignes ont deux conséquences distinctes. Le dépassement de 28 000 € pèse 1,2 point sur un chiffre d’affaires prévisionnel de 2 400 000 € HT : la marge du programme baisse de cette valeur. L’appel non encaissé fait manquer 126 000 € à la trésorerie du mois. Chacune exige une action différente, et souvent deux personnes : le conducteur de travaux pour le marché, la personne qui suit les acquéreurs pour l’appel. Le logiciel ne décide pas de cet ordre ; il met les trois lignes au même endroit, avec leur montant.
Ce que le logiciel ne détecte pas
- Le contenu des contrats. Il ne lit pas les clauses de pénalité, les conditions d’un avenant ni la rédaction d’un acte. Il calcule à partir des montants et des dates saisis.
- La validité des pièces. Il enregistre qu’une garantie existe, avec son organisme et sa date ; il ne vérifie ni son authenticité ni qu’elle couvre le bon périmètre.
- Ce qui n’a pas été saisi. Une date absente produit une absence d’alerte, pas une alerte. Un marché qu’on a oublié de saisir ne se signale pas.
- Les virements reçus ailleurs. Un encaissement arrivé sur un autre compte, non pointé, fait apparaître un impayé qui n’en est pas un. Le pointage bancaire reste à faire.
- Le choix des seuils qui justifient une action. Le logiciel applique les délais prévus, comme le délai de paiement de quinze jours par défaut, réglable opération par opération, ou les soixante jours avant l’expiration d’une décennale. Il ne décide pas à votre place de la gravité d’un écart.
Prudence
Une alerte n’est pas un diagnostic juridique. Un point de vigilance signale une situation à regarder. La décision (mise en demeure, résiliation, demande de prorogation) relève du promoteur, de son avocat et de son notaire. Les délais légaux cités ici sont à vérifier dans leur version en vigueur au moment de l’action.
Dans la démonstration publique
La démonstration applique les mêmes règles de calcul, sur des opérations fictives : c’est le moyen le plus simple de voir ces libellés avant de les lire sur une opération réelle.
Ce qui reste à faire soi-même
Le tableau de bord donne la photographie de l’opération ; les points de vigilance disent ce qui est en train de coûter. Le logiciel CAP IMMO, logiciel de pilotage pour promoteurs indépendants, calcule les alertes décrites ici à partir des données que vous saisissez, et les range au même endroit. Il ne remplace ni la lecture d’un contrat, ni le contrôle d’une facture.
Questions fréquentes
Quels sont les principaux points de vigilance d’une opération de promotion ?
Les plus coûteux viennent des délais qui ne se rattrapent pas, comme la purge du permis, la garantie financière d’achèvement, la dommages-ouvrage ou la décennale, et de l’argent qui sort ou qui ne rentre pas : dépassement de marché, sous-traitant sans agrément, appel de fonds sans virement, trésorerie négative. Des points d’organisation, comme un mandat d’agence échu ou une réserve jamais relancée, complètent la liste. Le tableau de cet article relie chacun à son déclencheur.
Comment détecter un dépassement de marché sur un chantier ?
Il suffit de comparer, pour chaque marché, le cumul facturé au montant signé, avenants compris. Un cumul supérieur au marché est un dépassement, même petit, à expliquer avant le paiement suivant. Le logiciel CAP IMMO fait cette comparaison et affiche les deux montants dans son libellé d’alerte.
Un sous-traitant sans agrément engage-t-il le promoteur ?
La réponse dépend du type de marché et de la rédaction des contrats : en marché privé, le sous-traitant dispose de protections qui peuvent se retourner contre le promoteur si l’entreprise ne le paie pas. Ce point doit être vérifié avec l’avocat ou le notaire de l’opération. Le plus sûr reste d’obtenir l’agrément avant le début des travaux du sous-traitant.
Un logiciel peut-il signaler une purge de permis qui n’arrive pas ?
Oui, à condition que les dates de dépôt, d’affichage et de notification soient saisies : le logiciel calcule la fin des délais de recours et la date de purge totale, et il remonte une échéance dépassée. Il ne sait pas si un recours a été déposé en mairie sans être noté ; cette vérification reste à faire auprès de la mairie et du conseil juridique.
CAP IMMO détecte-t-il automatiquement les points de vigilance ?
Il calcule automatiquement une liste de points à partir des données saisies, et il affiche les difficultés que vous ajoutez à la main. La lecture de documents peut proposer des dates, des réserves ou des factures, mais rien n’est enregistré avant votre validation, et cette lecture ne calcule pas à elle seule les points de vigilance. Un point qui n’a pas été saisi ne produit aucune alerte.
Dans quel ordre traiter une liste de points de vigilance ?
D’abord les bloquants, qui empêchent un acte ou un paiement, puis les échéances légales dépassées, puis l’argent qui sort sans contrepartie, puis l’argent qui ne rentre pas. Les incohérences de données se corrigent dès qu’elles apparaissent, car elles faussent les autres calculs. Cet ordre est une méthode proposée ; il ne vient pas du logiciel.
Sacha ClermontConcepteur de CAP IMMO, logiciel de pilotage d'opérations de promotion immobilière pour les promoteurs indépendants. Les guides sont écrits à partir des textes en vigueur et de ce que le logiciel calcule réellement. Notre méthode · Profil LinkedIn
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CAP IMMO est le logiciel pour promoteur immobilier qui relie le bilan, les ventes VEFA, les appels de fonds, la trésorerie et le chantier. Sa démonstration s'ouvre dans le navigateur, sans inscription : quatre programmes fictifs, un par phase, avec leurs bilans, leurs ventes et leurs chantiers.